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Attention ce module est réservé aux adhérents de la Loge.
En 2008, nous aurons le plaisir de célébrer le 200ème anniversaire de la création du Consistoire Israélite. Cette création a été un évènement majeur, aboutissement d’un long processus de reconnaissance de l’apport des juifs de France à la nation française.
Revenons quelque peu sur cet historique.
Bien que présents en France depuis l’époque gallo-romaine, et qu’ayant toujours participé de manière active au développement culturel, économique et social de la France, il a fallu attendre 1791 pour que ceux-ci soient considérés enfin comme citoyens à part entière.
Avant 1789, La France comptait 40.000 Juifs. Pauvres, pour la plupart, ils étaient réunis en petites associations et ne possédaient pas de base juridique propre.
A Paris, ils étaient tolérés sans avoir le moindre statut légal. A Strasbourg, Colmar et Mulhouse, ils étaient même purement et simplement interdits de séjour. C’est au cours du XVIIIème siècle, que les philosophes français s’intéressèrent à eux : en 1791, ils devinrent enfin citoyens français à part entière.
Quelques années plus tard, Napoléon 1er saisit le Conseil d’Etat d’un projet pour intégrer les Juifs dans la nation française. En 1806, il réunit alors une Assemblée de notables juifs afin d’examiner la situation.
Conscient que les décisions de cette Assemblée nécessitaient un aval religieux, l’Empereur décida de réunir un Grand Sanhédrin qui confirma la distinction entre les lois religieuses et les lois politiques. Les résolutions du Sanhédrin restent aujourd’hui encore la base organique du Judaïsme Français.
Le 17 Mars 1808, paraît enfin le décret annonçant la création du Consistoire Central: sept Consistoires régionaux seront soumis à sa juridiction.
« Religion et Patrie », telle est alors la devise adoptée par le Consistoire Central qui souhaite pouvoir défendre les Juifs de France de toute discrimination et pouvoir les intégrer totalement dans la patrie des Droits de l’Homme.
Instruire pour émanciper tout en préservant la tradition, tel est le pari que s’est alors fixé le Consistoire Central.
Sous le Second Empire, le Consistoire Central régit l’ensemble de la vie communautaire.
Pendant la IIIème République, chaque communauté se dote d’une synagogue. C’est l’ère de construction des grands monuments.
Lors de la seconde guerre mondiale, le statut de Citoyen, si durement acquis, des Juifs français est remis en cause. Durant ce conflit, le Judaïsme Français a payé un lourd tribu. (72.000 Juifs furent déportés et victimes de la barbarie nazie).
Après la Libération, le Judaïsme Français dut se reconstruire de ses cendres.
Dates
1791 : Les Juifs de France obtiennent la citoyenneté française par décret royal.
1806 : Napoléon décide de réunir une Assemblée de notables Juifs.
1807 : Napoléon réunit un Sanhédrin composé de 70 membres (les 2/3 d’entre eux sont des rabbins)
1808 : 17 Mars : Création par décret du Consistoire Central.
1830 : Envoi de délégués du Consistoire en Algérie.
1844 : Réorganisation du Consistoire Central.
1848 : Adolphe Crémieux, ancien Président du Consistoire est nommé Ministre de la Justice.
1851 : Création de l’Hôpital Rothschild et du Séminaire Israélite de Metz.
1877 : Les Présidents des Consistoires sont invités aux cérémonies officielles.
1905 : Séparation des Cultes et de l’Etat.
1906 : Fin de l’Affaire Dreyfus
1914 -18 : Les Juifs de France combattent pour leur patrie
1916 : Raymond Poincaré, Président de la République est reçu à la Synagogue de la rue de la Victoire.
1939 - 45 : 72.000 Juifs Français sont déportés et gazés.
1943 : Le Consistoire Central décide la création du CRIF
1960 : Arrivée des Juifs d’Afrique du Nord et d’Egypte. Le Consistoire veille à leur intégration dans la société française.
Nous voyons donc à quel point il a été difficile et douloureux aux Juifs de France de se faire accepter comme « citoyens français » et surtout de faire reconnaître leur apport à la culture française sous tous ses aspects : Littérature, Sciences, Politique et Philosophie.
A l’occasion de ce 200ème anniversaire, il nous a semblé utile de mettre en exergue cet apport pour le formaliser, il fait partie de notre « devoir de mémoire », devoir de mémoire non pas d’évènements tragiques dont, malheureusement, notre histoire a été construite, mais devoir de mémoire culturelle envers nos coreligionnaires qui ont tant apporté à notre nation tant par leur courage et sacrifice personnel lors des nombreux conflits qui ont secoué notre pays que par leur contribution à la construction de ce pays si cher à leurs yeux.
On peut dire d’une certaine manière que la France ne serait pas la France sans l’apport des Juifs de France.
De plus nous célébrons cette année 2008, deux autres évènements majeurs : la renaissance de l’Etat d’Israël et la création de notre association. 60 ans pour Israël et 165 ans pour le B’nai B’rith International. C’est dans ce contexte que la loge Déborah Sam Hoffenberg a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice de « devoir de mémoire et de reconnaissance» envers nos frères qui ont tant contribué au développement culturel français, à la construction d’Israël et au développement de notre B’nai B’rith tant aimé.
Cette contribution se traduit par l’émergence d’un énorme projet dont le succès ne peut être assuré que par l’appui de toutes les loges de France et donc par le soutien du B’nai B’rith France.
C’est ce projet « L’apport des Juifs de France au patrimoine national, à la renaissance d’Israël et au développement du B’nai B’rith » que je vais vous décrire ci-dessous.
L’apport des Juifs de France au patrimoine national
Voilà un grand projet qui nous tient tant à cœur et qui ne pourra prendre toute son envergure qu’avec l’appui d’un très grand nombre de loges et du soutien du B’nai B’rith France. Le titre exact de cette opération est « L’apport des Juifs de France au patrimoine national ».
Tout un programme. Il faut que nos enfants, que nos concitoyens et que nos responsables tant politiques, qu’économiques ou médiatiques, sachent que les Juifs de France, ce n’est pas seulement Vichy, ce n’est pas uniquement la Shoah ou l’antisémitisme mais c’est aussi une contribution phénoménale à la construction de notre patrimoine national. Dans le domaine des Arts, de la Philosophie, de la Littérature, de la Politique, de la Science ou des Médias, notre peuple a été omniprésent et créatif.
La France ne serait pas la France sans l’apport des Juifs de France.
Que cette construction, les Juifs y ont contribué depuis l’époque gallo-romaine et donc avant même sa construction étatique.
Ce projet du point de vue B’nai B’rith est triplement valorisant :
Ce projet est prévu sur une durée de deux ans.
La première étape de ce projet est d’établir une liste des thématiques culturelles qui seront étudiées et qui seront l’objet d’une compilation illustrée par des débats, des expositions et des colloques itinérants.
Ce travail se terminera par la rédaction et la publication d’une sorte d’« Encyclopedia Judaïca » qui complètera ce travail.
Nous soumettrons aux loges les rubriques de ce travail de recherche documentaire ; les adhérents âgés ou souffrants pourront ainsi participer à ce travail collectif à partir de leur domicile.
Vous trouverez ci-dessous une première liste non exhaustive des thématiques :
Chaque rubrique sera découpée en tranches historiques :
L’articulation du projet sera le suivant :
Au fil de l’avancement des travaux, certaines loges ou régions pourraient estimer être en mesure d’organiser un débat ou une exposition. Elles soumettront donc leur suggestion au Responsable National qui étudiera l’opportunité de couvrir cet évènement dans l’optique d’une cohérence générale du projet. Après acceptation, elles organiseront cet évènement, chacun essayant d’en faire une médiatisation maximale.